Une des caractéristiques intéressantes de l'Alsace est la survivance de lois locales concernant la religion.
En majorité catholique, l'Alsace compte toutefois une importante population protestante surtout dans le nord. Il ne faut pas oublier que Calvin fut le premier pasteur réformé de Strasbourg (1638-1641). Il n'est pas rare de voir, dans certains villages ou bourgades, un temple protestant se dressant face à une église catholique. Il existe même encore aujourd'hui des églises simultanées, c'est-à-dire des églises partagées par les représentants des deux cultes catholiques et protestants.
Mais ce qui distingue particulièrement l'Alsace du reste de la France aujourd'hui c'est son statut cultuel qu'on appelle aussi régime concordataire mis en place lors du consulat de Bonaparte. A la suite d'un concordat signé avec le Saint Siège, ce régime assimile prêtres, pasteurs et rabbins à des fonctionnaires. En conséquence, les communes logent les ministres du culte ou leur versent une indemnité compensatrice. Ces rémunérations compensent théoriquement la confiscation des biens d'église pendant la révolution. Ce régime est toujours en vigueur. En effet, quand, en 1905, fut votée outre-Vosges la loi instituant la séparation de l'église et de l'état, l'Alsace était allemande. Lorsque l'Alsace fut réintégrée à la France en 1918, la pression de l'opinion publique fut telle qu'elle empêcha l'abolition du statut cultuel particulier de l'Alsace.
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