Par le décret sur les investitures de Grégoire VII, un laïc ne peut plus investir un clerc de fonctions ecclésiastiques. C'est le début de la Querelle des Investitures, de la lutte entre les Papes et les Empereurs. Celle entre Henri IV (dynastie salienne ou franconnienne) et le Pape Grégoire VII est célèbre. En 1076, Henri IV se rendit à Canossa (Italie) pour implorer le pardon du Souverain Pontife, accordé en 1077. Il prit sa revanche peu après. En Alsace laïcs et religieux participent à la querelle, les uns se déclarant en faveur du Pape, les autres prenant fait et cause pour l'Empereur. Les évêques restent généralement fidèles à l'Empereur. Par contre, la famille Eguisheim-Dabo se rallia à la papauté. Les ancêtres des Hohenstaufen, Frédéric de Buren et ses deux fils Frédéric le Borgne, duc de Souabe (?-1147) et Othon, évêque de Strasbourg (1084-1100), prennent le parti de l'Empire. Le champion le plus vigoureux de la cause pontificale fut Mangold de Lautenbach. Il rédigea des pamphlets contre Henri IV.
En 1079, la querelle des investitures opposant le Pape à l'Empereur fait rage. Partisans des deux camps s'affrontent aussi en Alsace, où le parti pontifical est représenté par les Dabo-Eguisheim. Les comtés cèdent la place aux landgraviats. Celui de Basse-Alsace étant confié initialement aux Dabo-Egisheim, puis, après l'extinction de leur lignée, aux familles de Hunebourg puis Werde; le landgraviat de Haute-Alsace restant l'apanage des Habsbourg .
En 1122, le Concordat de Worms (1122) mit un terme à la Querelle des Investitures. On reconnut aux évêques deux pouvoirs distincts : un pouvoir temporel et un pouvoir spirituel.
Evêques et dynastie impériale continuent à lutter pour des questions de prestige des Terres. Les Habsbourg règnent au sud jusqu'au Val de Villé. L'évêque de Strasbourg règne sur un territoire allant du Val de Villé à Wissembourg.
L'empereur Fréderic I Barberousse de Hohenstauffen (1152-1190) privilégie la ville de Haguenau qu'il fortifie et en donne la garde à des nobles dépendant seulement de lui. Le petit fils de Barberousse, l'empereur Fréderic II de Hohenstauffen (1212-1250) crée en Alsace une série de villes impériales qu'il place sous sa protection directe: Wissembourg, Sélestat, Mulhouse, Colmar, Kaysersberg, Münster, Rosheim, Obernai. En 1260, La ville de Colmar se donne à l'Empereur contre monnaie (Roselman) et devient ville impériale.
L'Alsace perd progressivement sa position de centre de gravité de l'empire. Dans tout l'empire, l'autorité impériale s'efface devant la noblesse locale. Ainsi, en Alsace, les landgraviats sont supplantés par les comtés de Ferrette au sud et de Fleckentein et Lichtenberg au nord ainsi que par l'évêque de Strasbourg.
Mais la population alsacienne se paye des gens d'armes, et en 1262 à la bataille de Hausbergen, on assiste à la victoire des paysans et des Strasbourgeois. L'évêque de Strasbourg Walter von Geroldseck est défait par les Strasbourgeois et la ville acquiert dès lors le rang de ville libre impériale.
Des châteaux assurent la protection de la plaine contre les 'Welches' (Lorrains, etc) et les villes se fortifient dont Haguenau.
Les cisterciens et les bénédictins assurent un rôle économique et intellectuel. Les ordres mendiants des dominicains, des franciscains et des clarisses sont également présents.
L'Alsace se dote de superbe églises romanes (Ottmarsheim, Surbourg, Rosheim, Marmoutier...) puis devient l'un des grands foyers de l'art gothique (Guebwiller, Colmar, Strasbourg...). En 1320, débute la construction de la collégiale de Thann.
Un éveil des villes est dû à la campagne. L'augmentation de la production est écoulée vers les villes, mais cette meilleure productivité provoque du chômage dans les campagnes, et les victimes entraînent un exode rural et une urbanisation des villes.
A la fin du XIIème siècle commence la reconstruction de la cathédrale de Strasbourg, placée sous la direction de l'architecte Erwin von Steinbach. Donc Strasbourg embauche pour la construction de sa cathédrale, qui a alors la nef la plus large du monde avec 16,5 m. La flèche de la Cathédrale de Strasbourg, achevée en 1439, restera des siècles durant la plus haute tour d'Europe. D'où de nouveaux métiers et la création de corporations. Il aussi communément admis que la franc-maçonnerie est née du regoupement de tailleurs de pierre de la cathédrale de Strasbourg.
Entre 1331 et 1360, la révolution dans les villes met fin à la domination du patriciat et assurent le pouvoir aux corporations de métiers.
Des épidémies de peste, grippe et choléra sévissent en 1295, 1349, 1381 et 1438, ayant pour effet la disparition de villages et les juifs sont persécutés comme bouc émissaires. Les villes se dotent progressivement de représentants élus. Devant l'affaiblissement du pouvoir impérial, dix villes impériales alsaciennes s'unissent en fondant la Décapole en 1354, afin de s'assurer une protection mutuelle. Ce sont Haguenau, Wissembourg, Obernai, Rosheim, Sélestat, Colmar, Turkeim, Kaysersberg, Munster et Mulhouse. L'invasion des Armagnacs, " die armen Gecken " (pauvres gueux) ou " Schender " (écorcheurs), commandés par le dauphin, le futur roi de France Louis XI sévit entre 1439 et 1444.
[Du Traité de Mersen à la fin du XVIIème siècle : 1, 2, 3, 4] [Langue et Culture Alsacienne] [Accueil Site]